Anne-Laure Collard, sociologue

Le podcast donne la parole à 11 personnes liées par et avec le canal d’irrigation des Albères, situés dans le département des Pyrénées-Orientales (France). En 2026, un projet va voir le jour, celui de réutiliser les eaux traitées d’Argelès-sur-Mer pour les acheminer vers le canal et les terres irriguées.

Le podcast se veut être une manière de découvrir les recompositions discrètes, passées et en cours, dans lesquelles l’arrivée de cette eau va s’immiscer. A qui cette eau va-t-elle profiter ? A qui ne va-t-elle pas bénéficier ? Comment les multiples recompositions des liens avec le canal ont-elles conduit à ce projet ?

Le podcast est né de l’envie de donner à entendre la complexité de l’eau (à qui ?). A travers le timbres des voix et des intonations des « gens du canal », l’idée est de faire sentir l’entremêlement des choix passés et récents, des doutes et des attachements quand il s’agit d’eau. L’intention est de participer à déconstruire l’évidente simplicité qu’il y aurait à acheminer une eau d’ailleurs pour imaginer le futur d’un territoire en pénurie.

Installation du matériel pour la captation du son (Collard, Juillet 2025)

La réalisation du podcast est co-construite par l’Association Nos Mémoires Vives, spécialisée dans la collecte des récits de vie et la création sonore, et Anne-Laure Collard, sociologue. La démarche adoptée a été celle de l’induction et de l’intuition. La première étape a consisté à recueillir en binôme la parole des gens du canal des Albères, et à partager nos approches (sociotechnique, sensible, politique…). Puis, selon la matière sonore recueillie, les attentes de certains des acteurs et du contexte local, les scripts des scénarios ont été construits pour ancrer le projet de réutilisation des eaux traitées dans le territoire des Albères (évolution de l’agriculture, gestion de l’eau, dynamiques rurales) et dans une trajectoire plus ou moins longue.

6 épisodes sont en train de voir le jour. Le projet d’écriture sonore devrait être terminé au printemps 2026. L’enjeu ensuite est de le faire vivre sur les territoires locaux et académiques…